Des chercheurs de l’Université technique de Vienne ont conçu un QR code microscopique, gravé dans une céramique ultra-résistante, capable de conserver des données pendant des milliers d’années sans électricité. Cette découverte relance la réflexion sur le stockage durable face à l’explosion mondiale des données.

Des scientifiques de l’Université technique de Vienne, en Autriche, ont mis au point un QR code si minuscule qu’il faut un microscope pour le voir. Sa surface ne mesure que 1,98 micromètre carré, ce qui en fait le plus petit quick response code (ou « code à réponse rapide » en français) jamais créé. 

Chacun de ses pixels mesure 49 nanomètres, soit moins qu’une bactérie. Gravé dans une fine couche de céramique à l’aide d’un faisceau d’ions, ce QR code pourrait conserver des données pendant des milliers d’années. La prouesse technologique est telle qu’elle a décroché une place dans le Livre Guinness des records, révèle l’établissement supérieur dans un communiqué publié le 16 février 2026.

Source : Université technique de Vienne
Illustration du QR code créé par l’Université technique de Vienne. // Source : TU Wien

La céramique comme coffre-fort

Pour créer un QR code capable de durer dans le temps, les chercheurs, en collaboration avec la société de stockage de données Cerabyte, ont misé sur le nitrure de chrome, une céramique ultra-résistante. Ce type de matériau est apprécié pour sa stabilité, même dans des environnements extrêmes. 

« Avec les supports de stockage en céramique, nous adoptons une approche similaire à celle des civilisations anciennes, dont les inscriptions sont encore lisibles aujourd’hui », explique Alexander Kirnbauer, membre de l’équipe de recherche derrière la technologie de stockage de données.

Source : Université technique de Vienne
Illustration du QR code créé par l’Université technique de Vienne. // Source : TU Wien

Ces QR codes peuvent par ailleurs conserver des données sans électricité, ventilateurs ni refroidissement — une différence majeure avec les centres de données classiques, qui ont besoin d’une alimentation continue pour faire tourner les serveurs et éviter la surchauffe. L’Université technique de Vienne veut à présent améliorer sa technologie en explorant d’autres matériaux, en rendant l’écriture plus rapide et en préparant une production à grande échelle.

Des supports encore trop fragiles

Il faut dire que nos technologies actuelles de stockage sont loin d’être éternelles. Les disques durs et SSD vieillissent en une dizaine d’années, tandis que les CD ou DVD ne tiennent généralement pas plus de 30 ans. Cela signifie qu’une immense partie de nos données numériques pourrait finir par s’effacer avec le temps. 

Or, au moment même où ces supports montrent leurs limites, le volume mondial de données continue de gonfler à un rythme spectaculaire, en particulier en plein boom de l’intelligence artificielle. D’autres entreprises envisagent le stockage d’archives sur ADN. De là à trouver le moyen de conservation idéal et à le démocratiser, le monde de la recherche a encore du travail devant lui.

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